Chaque année, la déclaration de revenus fait partie des démarches incontournables pour les professionnels de santé exerçant en libéral, qu’il s’agisse des kinésithérapeutes, orthophonistes, orthoptistes ou podologues. Même si le sujet peut sembler complexe au premier abord, quelques bonnes habitudes permettent de simplifier largement cette étape. L’objectif est surtout de comprendre quels revenus déclarer, quelles règles appliquer selon votre situation et comment éviter les erreurs les plus fréquentes.
L’exercice en libéral implique un fonctionnement fiscal différent de celui d’un salarié. Les revenus issus de votre activité professionnelle doivent être déclarés selon des règles spécifiques qui varient en fonction de votre régime fiscal et de votre mode d’exercice.
Au-delà de l’obligation administrative, une déclaration correctement préparée permet surtout d’éviter les erreurs, les oublis ou les régularisations parfois coûteuses. Une gestion rigoureuse de votre comptabilité tout au long de l’année facilite considérablement cette période souvent perçue comme stressante.
En activité libérale, le principe à retenir est celui des recettes encaissées. Autrement dit, ce sont les sommes réellement perçues sur votre compte professionnel au cours de l’année qui doivent être déclarées, et non simplement les actes facturés.
💡 Rappel : le FAMI n’est pas imposable
Cette nuance est essentielle car il peut exister un décalage entre les soins réalisés et les paiements effectivement reçus. Un suivi régulier de vos recettes vous aidera à vérifier la cohérence de votre activité et à préparer votre déclaration plus sereinement.
Certaines erreurs reviennent régulièrement chez les professionnels libéraux. Les identifier permet déjà d’en éviter une grande partie.
👉 Déclarer le chiffre facturé au lieu des encaissements : l’erreur la plus fréquente consiste à déclarer le montant des actes réalisés plutôt que les sommes réellement encaissées pendant l’année fiscale.
👉 Utiliser la mauvaise catégorie fiscale : selon votre régime d’imposition, certaines cases ou formulaires diffèrent. Une mauvaise affectation peut entraîner des erreurs de calcul ou des demandes de régularisation.
👉 Oublier certains revenus annexes : indemnités, rétrocessions, remplacements, honoraires complémentaires ou autres recettes liées à l’activité doivent également être intégrés à votre déclaration.
👉 Négliger l’archivage des justificatifs : même si tout paraît clair au moment de la déclaration, il reste indispensable de conserver vos relevés bancaires, factures et documents comptables en cas de contrôle.
👉 Attendre le dernier moment : préparer sa déclaration dans l’urgence augmente fortement le risque d’oubli ou d’erreur. Anticiper permet de relire tranquillement ses données et de corriger les éventuelles incohérences.
Quelques réflexes simples permettent de rendre cette période beaucoup plus fluide.
L’idéal est de classer régulièrement vos documents professionnels : recettes, relevés bancaires, cotisations, dépenses et justificatifs liés à votre activité. Une organisation mensuelle évite de devoir tout reconstituer au dernier moment.
Il est également utile de contrôler régulièrement la cohérence entre votre comptabilité et vos encaissements réels. En cas de situation particulière comme un changement de régime, collaboration, investissement important ou augmentation d’activité, l’accompagnement d’un expert-comptable ou d’une AGA peut apporter un vrai confort.
Les AGA permettent notamment de bénéficier d’un accompagnement sur la déclaration 2035, avec des conseils adaptés aux professionnels de santé libéraux.
De nombreux professionnels de santé libéraux utilisent les dispositifs Madelin afin d’optimiser leur fiscalité tout en renforçant leur protection sociale.
Sous certaines conditions, plusieurs cotisations peuvent être déduites du revenu imposable, notamment :
- les contrats de prévoyance
- les contrats retraite
- les complémentaires santé
Ces dispositifs permettent à la fois d’anticiper l’avenir et d’alléger partiellement la charge fiscale.
👉 Les assurances professionnelles
- Responsabilité Civile Professionnelle (RCP)
- contrats Madelin : retraite, prévoyance, mutuelle
👉 Le cabinet ou local professionnel
Les loyers, charges locatives et frais liés au local sont déductibles selon la part réellement utilisée pour l’activité professionnelle.
👉 Les prestations et honoraires
Les frais liés à l’accompagnement administratif ou comptable peuvent être déduits : expert-comptable, AGA, secrétariat, logiciel métier, facturation…
👉 Les cotisations sociales
Une partie des cotisations versées à l’URSSAF ou aux caisses de retraite obligatoires est déductible, hors CRDS.
👉 Les déplacements professionnels
Deux méthodes existent :
- les frais réels : carburant, assurance, entretien, crédit ou location
💡Pensez à bien garder tous les tickets et toutes les factures !
- les indemnités kilométriques calculées selon le barème fiscal ➡️ Simuler vos frais kilométriques | impots.gouv.fr
👉 Les dépenses courantes liées à l’activité
- téléphone et internet
- logiciels de gestion et télétransmission
- matériel professionnel
- fournitures administratives
- documentation et formations
👉 Les repas professionnels
Certains repas pris dans le cadre de l’activité peuvent être déduits sous conditions, notamment les repas lors des déplacements ou les repas d’affaires. EN ce qui concerne les repas pris hors domicile le montant à déduire est compris entre 5,50€ et 21,40€ en 2026.
❌ Les dépenses non déductibles
Certaines dépenses restent exclues de la déduction fiscale :
- amendes et contraventions
- dépenses personnelles sans usage professionnel
- abonnements de loisirs non liés à l’activité



