Au domicile, l’IDEL est souvent seul face à une plaie qui ne cicatrise pas. Pansement après pansement, le doute s’installe : ai-je le bon protocole ? Le bon stade ? Sandrine Burgos, infirmière libérale depuis 18 ans et formatrice experte plaies & cicatrisation, partage son approche : avant de poser le pansement, lire la plaie.
Dans la pratique libérale, la prise en charge des plaies chroniques représente une part importante de l’activité IDEL : escarres, ulcères veineux ou artériels, plaies du pied diabétique, plaies post-chirurgicales qui s’éternisent. Et pourtant, la formation initiale laisse souvent peu de place au raisonnement clinique appliqué à la plaie : on apprend des techniques, des familles de pansements, mais rarement à articuler les deux.
Résultat sur le terrain : on applique un pansement parce qu’il est « habituel », parce qu’il est prescrit, parce que c’est ce qui était dans le sac. Sans toujours se reposer la question fondamentale : à quel stade en est cette plaie aujourd’hui, et qu’est-ce qu’elle attend de moi ?
« Une plaie qui stagne, ce n’est pas une fatalité. C’est un signal. Encore faut-il prendre le temps de le lire. » Sandrine Burgos, infirmière clinicienne, experte plaies & cicatrisation
L’expertise plaies, ce n’est pas connaître par cœur le catalogue des pansements. C’est savoir poser un raisonnement clinique structuré, reproductible, transmissible. Trois questions méritent d’être posées systématiquement, à chaque réfection, avant même d’ouvrir le set.
👉 Quel est le stade de la plaie ? Détersion, bourgeonnement, épidermisation : à chaque phase correspond une famille de pansements et une fréquence de réfection adaptée. Confondre les stades, c’est ralentir la cicatrisation
👉 Quels sont les facteurs qui freinent la cicatrisation ? État nutritionnel, équilibre glycémique, perfusion artérielle, charge bactérienne, observance du patient et de l’entourage. Une plaie n’est jamais isolée : elle est le reflet d’un état global.
👉 Suis-je dans mes prérogatives, ou faut-il alerter ? Savoir reconnaître les signaux qui imposent un retour vers le médecin, le service plaies, ou le spécialiste fait partie de l’expertise. C’est aussi une protection juridique pour l’infirmière.
Le raisonnement clinique a une autre vertu, plus discrète mais essentielle : il sécurise la traçabilité, la prescription et la cotation. Une plaie correctement décrite dans le dossier de soins, c’est une prescription justifiée, une cotation défendable, et un dialogue facilité avec le médecin prescripteur comme avec la CPAM en cas de contrôle.
Trop d’IDEL minorent encore leur cotation par méconnaissance, ou la majorent par défaut sans pouvoir la justifier. Dans les deux cas, c’est l’expertise infirmière qui n’est pas reconnue à sa juste valeur et c’est aussi un risque de rejet ou d’indu.
VEGA Formation vous propose un séminaire les 14 et 15 octobre 2026 à Montpellier. Une formation d’une journée est proposée sur les plaies et cicatrisation.
Sandrine BURGOS, l’intervenante est une experte qui connaît le domicile, les délais de prescription, les familles inquiètes le dimanche soir, les pansements qui « ne tiennent pas » sous la douche.
L’objectif de cette formation n’est pas de retenir des recettes, mais de repartir avec une méthode : un cadre de raisonnement applicable dès le lendemain matin, sur la première plaie de la tournée, avec n’importe quel patient et n’importe quelle prescription.
« De par cette formation, vous aurez les outils et la démarche pour une prise en charge optimale de vos patients. » Sandrine BURGOS
Financement : frais de formation déductibles via la déclaration 2035.




