Installation en tant qu’orthoptiste en libéral : le guide

Les premières démarches administratives

Diplôme

Le Certificat de Capacité d’Orthoptiste est indispensable pour exercer votre profession. Il vous sera demandé lors des différentes démarches administratives, que vous choisissiez de travailler comme orthoptiste libéral ou en tant que salarié.

Si vous préparez votre installation en libéral, pensez à demander auprès de votre université une attestation de réussite ou de diplôme dès que possible. Ce document officiel vous permettra d’effectuer votre enregistrement professionnel et d’obtenir votre numéro RPPS via les démarches prévues pour les professionnels de santé.

Une fois votre enregistrement réalisé, vous pourrez poursuivre les différentes formalités nécessaires à l’ouverture de votre activité et à votre installation comme orthoptiste en cabinet libéral.

Les assurances

Lors de votre installation en tant qu’orthoptiste libéral, il est important de bien protéger votre activité professionnelle, votre cabinet, votre matériel mais aussi vos revenus.

Selon votre situation, certaines assurances sont obligatoires tandis que d’autres restent facultatives, mais fortement recommandées pour exercer plus sereinement. Que vous soyez orthoptiste remplaçant, collaborateur, installé seul ou au sein d’un cabinet de groupe, trois grandes catégories d’assurances sont à prendre en compte :

  • la Responsabilité Civile Professionnelle (RCP) ;

  • les assurances couvrant vos locaux et votre matériel professionnel ;

  • les assurances de prévoyance, destinées notamment à protéger vos revenus.

La Responsabilité Civile Professionnelle : une assurance indispensable

La Responsabilité Civile Professionnelle, ou RCP, fait partie des premières démarches à effectuer lorsque vous débutez votre activité d’orthoptiste en libéral.

Cette assurance est obligatoire pour les professionnels de santé exerçant à titre libéral. Elle intervient lorsque votre responsabilité est engagée à la suite d’un dommage causé à un patient dans le cadre de votre activité professionnelle.

Cela concerne les dommages corporels ou matériel survenu au cours de la prise en charge d’un patient.

Protégez votre cabinet et votre matériel d’orthoptie

Lorsque vous ouvrez votre propre cabinet d’orthoptie, il est également conseillé de protéger vos locaux ainsi que votre matériel professionnel.

Une assurance multirisque professionnelle peut notamment intervenir en cas d’incendie, dégât des eaux, dommage électrique, bris de glace, vol ou vandalisme.

Cette couverture est particulièrement importante pour les orthoptistes qui disposent de matériel informatique, d'équipements de dépistage, de rééducation ou d'exploration visuelle dont le remplacement peut représenter un coût important.

Des garanties complémentaires peuvent également être envisagées.

Si vous exercez dans un cabinet de groupe, l’assurance des locaux peut être souscrite directement par la structure titulaire du bail. Vérifiez néanmoins précisément ce qui est couvert afin de vous assurer que votre activité et votre propre matériel bénéficient d’une protection suffisante.

Prévoyance : protégez vos revenus en cas d’arrêt de travail

Une maladie ou un accident peut vous contraindre à interrompre temporairement votre activité. Or, lorsque vous êtes orthoptiste libéral, un arrêt de travail entraîne une diminution de vos revenus alors que certaines dépenses professionnelles continuent : loyer du cabinet, cotisations, remboursements d’emprunts, abonnements ou encore frais liés au fonctionnement de votre activité.

Les professionnels libéraux bénéficient, sous certaines conditions, d’indemnités journalières versées par l’Assurance Maladie. Une couverture complémentaire de prévoyance est néanmoins utile pour mieux maintenir votre niveau de revenus et faire face à vos charges en cas d’arrêt prolongé.

En tant qu’orthoptiste libéral, vous êtes également affilié à la CARPIMKO, la caisse de retraite et de prévoyance des auxiliaires médicaux libéraux. Les prestations dont vous bénéficiez varient notamment selon la durée et la nature de votre incapacité.

Avant de choisir un contrat de prévoyance, prenez donc le temps d’étudier les délais de carence, le montant des indemnités prévues, leur durée de versement et les garanties proposées en cas d’incapacité, d’invalidité ou de décès.

Enfin, une complémentaire santé complètent les remboursements de l’Assurance Maladie pour vos dépenses personnelles de santé, notamment en matière d’hospitalisation, d’optique, de soins dentaires ou de consultations.

E-RPPS

Avant de débuter votre activité, vous devez effectuer votre enregistrement au Répertoire Partagé des Professionnels intervenant dans le système de santé (RPPS). Pour les orthoptistes, cette démarche s’effectue en ligne via le portail eRPPS, sous la responsabilité de l’Agence Régionale de Santé (ARS).

Lors de votre première inscription, vous devrez notamment renseigner votre identité, vos coordonnées, votre diplôme ainsi que les informations relatives à votre activité professionnelle. La connexion au portail s’effectue généralement avec FranceConnect et plusieurs justificatifs pourront vous être demandés, notamment une pièce d’identité et les documents attestant de votre qualification professionnelle.

Une fois votre dossier validé, un numéro RPPS unique et pérenne vous est attribué. Il constitue votre identifiant professionnel de référence et vous accompagnera tout au long de votre carrière, même en cas de changement de lieu ou de mode d’exercice. Pensez également à mettre à jour votre situation sur eRPPS lorsque vos conditions d’exercice évoluent.

La CPAM

Une fois votre enregistrement au RPPS effectué, vous devez déclarer votre activité d’orthoptiste libéral auprès de la caisse d’Assurance Maladie de votre lieu d’exercice. Cette étape permet à la CPAM d’enregistrer votre installation et de mettre en place les éléments nécessaires au démarrage de votre activité.

Pour constituer votre dossier, vous devrez notamment prévoir :

  • une pièce d’identité ;

  • votre carte Vitale ou votre attestation Vitale ;

  • un relevé d’identité bancaire (RIB) ;

  • le cas échéant, le RIB de votre société si vous exercez dans le cadre d’une structure professionnelle.

Lors de votre enregistrement, l’Assurance Maladie procède à votre inscription au Fichier National des Professionnels de Santé (FNPS). Elle peut également vous délivrer des feuilles de soins pré-identifiées à votre nom et déclenche les démarches nécessaires à l’attribution de votre Carte de Professionnel de Santé (CPS).

Si vous choisissez d’exercer comme orthoptiste conventionné, votre caisse vous informe également sur la Convention nationale des orthoptistes, qui définit notamment les conditions d’exercice, les tarifs conventionnels et les modalités de facturation des actes.

Votre enregistrement auprès de l’Assurance Maladie permet enfin votre affiliation au régime des Praticiens et Auxiliaires Médicaux Conventionnés (PAMC). Ce régime concerne la protection sociale des professionnels de santé conventionnés exerçant en libéral. Les cotisations correspondantes sont ensuite recouvrées par l’Urssaf.

URSSAF

En tant qu’orthoptiste exerçant en libéral, vous devenez travailleur indépendant et devez cotiser à votre protection sociale en fonction de vos revenus professionnels.

L’Urssaf intervient notamment pour :

  • enregistrer votre activité en tant que professionnel libéral ;

  • calculer et recouvrer une partie de vos cotisations et contributions sociales ;

  • collecter notamment la CSG et la CRDS, ainsi que les cotisations liées aux allocations familiales, à la maladie ou encore à la contribution aux unions régionales des professionnels de santé ;

  • gérer certaines démarches liées à votre activité si vous employez du personnel au sein de votre cabinet.

Le montant de vos cotisations évolue notamment en fonction de vos revenus. Au démarrage de votre activité, certaines cotisations peuvent être calculées sur des bases provisoires avant d’être régularisées lorsque vos revenus réels sont connus.

Quelles aides pour débuter votre activité ?

Lors de votre installation comme orthoptiste libéral, vous pouvez, selon votre situation, bénéficier de l’ACRE, une aide qui permet de réduire certaines cotisations sociales pendant la première année d’activité.

Des aides et dispositifs d’accompagnement régionaux peuvent également être proposés pour vous aider à préparer votre projet, rechercher un financement ou développer votre cabinet. Pensez à vous renseigner auprès de votre région, de France Travail ou des organismes locaux d’aide à la création d’entreprise.

CARPIMKO

La CARPIMKO est la Caisse Autonome de Retraite et de Prévoyance des Infirmiers, Masseurs-Kinésithérapeutes, Pédicures-Podologues, Orthophonistes et Orthoptistes. L’affiliation est obligatoire pour les orthoptistes exerçant en libéral. Depuis la mise en place du Guichet unique, votre début d’activité est déclaré auprès de l’INPI, qui transmet automatiquement les informations à la CARPIMKO : vous n’avez donc plus de demande d’affiliation spécifique à effectuer.

À savoir : en cas d’arrêt de travail pour maladie ou accident, la CARPIMKO verse ses prestations à partir du 91ᵉ jour d’arrêt. Il est donc utile de prévoir une assurance prévoyance complémentaire afin de mieux protéger vos revenus et de compléter les prestations des régimes obligatoires.

AGA

Les Associations de Gestion Agréées (AGA) s’adressent notamment aux professionnels libéraux imposés dans la catégorie des Bénéfices Non Commerciaux (BNC). Elles accompagnent leurs adhérents dans le suivi de leur comptabilité et dans le respect de leurs obligations fiscales.

Pour un orthoptiste libéral, l’adhésion à une AGA peut apporter un cadre rassurant au quotidien : l’association peut vérifier la cohérence et la régularité de votre comptabilité, vous accompagner dans certaines démarches déclaratives et vous aider à mieux sécuriser votre gestion fiscale.

En 2026, l’adhésion à une AGA reste facultative, mais elle peut constituer un véritable soutien si vous souhaitez bénéficier d’un accompagnement complémentaire dans la gestion de votre activité.

Votre éditeur de logiciel de gestion

Pour facturer vos actes et transmettre vos feuilles de soins électroniques (FSE) à l’Assurance Maladie, vous aurez besoin d’un logiciel de télétransmission adapté aux orthoptistes libéraux. Ce logiciel vous accompagne au quotidien dans la gestion de votre activité : facturation, télétransmission, suivi des paiements, gestion des retours NOEMIE ou encore lecture de la carte Vitale.

Avec VEGA, vous disposez d’un logiciel de gestion et de télétransmission conçu pour les professionnels de santé libéraux.

Règlement Général pour la Protection des Données

Le Règlement Général sur la Protection des Données (RGPD) s’applique à tous les professionnels qui collectent et utilisent des données personnelles. En tant qu’orthoptiste libéral, vous êtes directement concerné puisque vous traitez des informations liées à vos patients, dont certaines sont des données de santé particulièrement sensibles.

Pour être en conformité, trois grands principes sont à respecter :

  • Tenir un registre des traitements : il recense les logiciels, fichiers et outils dans lesquels vous collectez ou utilisez des données personnelles. Il permet également de vérifier que seules les informations réellement nécessaires à votre activité sont conservées.

  • Informer vos patients : vous devez leur expliquer quelles données sont collectées, pour quelles raisons, combien de temps elles sont conservées et quels sont leurs droits d’accès, de rectification ou, dans certains cas, d’opposition.

  • Sécuriser les données : vous devez mettre en place des mesures adaptées pour protéger les informations de vos patients contre la perte, l’accès non autorisé ou la divulgation.

Le respect du RGPD fait donc pleinement partie des obligations liées à la gestion d’un cabinet d’orthoptie libéral.

Quel régime d’imposition pour un orthoptiste libéral ?

 

En tant qu’orthoptiste libéral, vos revenus professionnels relèvent de la catégorie des Bénéfices Non Commerciaux (BNC). Si vos recettes ne dépassent pas 83 600 € en 2026, vous pouvez, sous conditions, bénéficier du régime micro-BNC.

Ce régime présente l’avantage d’une comptabilité simplifiée. Vous devez notamment tenir un registre détaillé de vos recettes et reporter le montant annuel de celles-ci sur votre déclaration complémentaire de revenus 2042-C-PRO. Vous ne déduisez pas vos dépenses professionnelles une par une : l’administration fiscale applique automatiquement un abattement forfaitaire de 34 %, censé représenter vos charges professionnelles.

Par exemple, pour 60 000 € de recettes annuelles, l’administration applique un abattement de 20 400 €. Votre bénéfice imposable est donc calculé sur 39 600 €.

Le micro-BNC est particulièrement simple à gérer, mais il n’est pas toujours le régime le plus avantageux. Si vos charges professionnelles réelles dépassent 34 % de vos recettes, le régime de la déclaration contrôlée peut devenir plus intéressant, puisqu’il permet de déduire les dépenses réellement engagées pour votre activité.

En cas de dépassement du seuil, le passage à la déclaration contrôlée ne s’effectue pas nécessairement dès la première année : les règles tiennent notamment compte du dépassement du plafond sur deux années consécutives.

Avant de choisir votre régime fiscal, pensez donc à comparer vos recettes prévisionnelles et vos charges réelles, notamment si votre installation nécessite des investissements importants en matériel, en locaux ou en équipements d’orthoptie.

Le régime de la déclaration contrôlée concerne les orthoptistes libéraux dont les recettes dépassent le seuil du micro-BNC, mais il peut aussi être choisi volontairement lorsque les charges professionnelles réelles sont importantes.

Contrairement au micro-BNC, ce régime permet de déduire de vos recettes les dépenses réellement engagées pour votre activité : loyer du cabinet, matériel, logiciels, frais de déplacement, assurances, cotisations professionnelles ou encore amortissements. Votre bénéfice imposable correspond alors à la différence entre vos recettes encaissées et vos charges déductibles.

En contrepartie, la déclaration contrôlée implique une comptabilité plus complète, avec notamment la tenue d’un livre des recettes et des dépenses et l’établissement d’une déclaration fiscale n° 2035.

Ce régime peut donc être plus avantageux pour un orthoptiste libéral dont les charges dépassent les 34 % d’abattement du micro-BNC, notamment lors des premières années d’installation lorsque les investissements sont importants.

Exercice libéral en individuel

Remplacement
Collaboration
Titulaire

Exercice libéral en association

La mise en commun des honoraires : la SDF ou la SCP
Les honoraires ne sont pas mis en commun: la SCM ou les contrats à frais partagés

Le cas de la Société d’Exercice Libéral (SEL)

Possibilité d’exercer en individuel
Ou en association

Quel statut juridique choisir ?

Lorsque vous choisissez d’exercer comme orthoptiste libéral, plusieurs modes d’exercice sont possibles selon votre projet professionnel : remplacement, collaboration ou installation en tant que titulaire.

Le remplacement

Le remplacement repose sur un contrat signé entre l’orthoptiste remplacé et l’orthoptiste remplaçant. Pendant la durée du remplacement, le professionnel remplacé doit être absent de son cabinet et ne peut pas continuer à y exercer simultanément.

Les honoraires sont encaissés selon les modalités prévues par le contrat, puis une rétrocession d’honoraires est versée au remplaçant. Le pourcentage ou les modalités de cette rétrocession doivent être clairement précisés dans le contrat.

Le contrat de remplacement fixe également la durée du remplacement, les conditions d’exercice ainsi que, le cas échéant, les modalités applicables à la fin du contrat.

L’orthoptiste remplaçant exerce sous sa propre identité professionnelle et utilise sa carte CPS pour réaliser les démarches de facturation et de télétransmission liées à son activité.

La collaboration libérale

La collaboration libérale permet à un orthoptiste titulaire d’accueillir un autre orthoptiste au sein de son cabinet tout en lui laissant la possibilité de développer sa propre patientèle.

Le collaborateur peut utiliser les locaux, le matériel et certains moyens mis à disposition par le titulaire. En contrepartie, il verse généralement une redevance de collaboration, destinée notamment à participer aux frais de fonctionnement du cabinet et aux moyens mis à sa disposition.

Un contrat écrit doit encadrer la collaboration et préciser notamment :

  • la durée du contrat ;

  • les modalités de calcul et de versement de la redevance ;

  • les conditions d’exercice du collaborateur ;

  • les moyens mis à sa disposition ;

  • les conditions de rupture du contrat.

La collaboration peut constituer une étape intéressante avant une installation indépendante ou une association avec d’autres professionnels.

L’orthoptiste titulaire

L’orthoptiste titulaire exerce son activité en son propre nom et organise librement son cabinet. Il peut être propriétaire ou locataire de ses locaux, exercer seul ou accueillir un remplaçant ou un collaborateur.

Ce mode d’exercice offre davantage d’autonomie dans l’organisation et le développement de son activité, mais implique également de prendre en charge directement la gestion du cabinet, les investissements, les charges professionnelles et l’ensemble des démarches administratives liées à l’activité libérale.

Lorsque plusieurs orthoptistes libéraux souhaitent exercer dans un même cabinet, ils peuvent choisir de partager uniquement leurs frais ou, au contraire, d’exercer au sein d’une structure dans laquelle les honoraires sont mis en commun. Le choix dépend notamment du niveau d’indépendance souhaité entre les professionnels et de leur projet à long terme.

Forme d’exerciceHonorairesDépenses du cabinetFonctionnement
Contrat à frais partagésPas de mise en commun : chaque orthoptiste encaisse ses propres honorairesCertaines dépenses sont réparties entre les professionnelsSolution souple pour partager un cabinet tout en restant indépendant
SCM – Société Civile de MoyensPas de mise en commun : chacun conserve ses propres recettesLa SCM permet de mutualiser les locaux, le matériel, le secrétariat et certaines chargesChaque orthoptiste conserve sa patientèle et son activité professionnelle indépendante
SCP – Société Civile ProfessionnelleMise en commun des honoraires au niveau de la sociétéLes frais professionnels sont supportés par la sociétéLes orthoptistes exercent ensemble au sein d’une même structure professionnelle
SEL – Société d’Exercice LibéralLes honoraires sont généralement encaissés par la sociétéLes dépenses et investissements sont gérés par la sociétéForme plus structurée permettant d’exercer une profession libérale réglementée en société

Sans mise en commun des honoraires : le contrat à frais partagés ou la SCM

Si vous souhaitez travailler avec d’autres orthoptistes tout en conservant votre indépendance professionnelle et financière, vous pouvez opter pour un contrat à frais partagés ou créer une SCM.

Dans les deux cas, chaque orthoptiste conserve sa propre patientèle, facture ses actes et encaisse directement ses honoraires. Seules certaines dépenses sont mises en commun : loyer, électricité, secrétariat, matériel ou abonnements par exemple.

La SCM permet d’organiser ce partage des moyens dans le cadre d’une véritable société. Elle ne sert pas à exercer la profession elle-même : chaque associé reste indépendant dans son activité.

Avec mise en commun des honoraires : la SCP ou la SEL

Si votre projet consiste à exercer réellement ensemble, avec une organisation et des recettes communes, vous pouvez envisager une SCP ou une SEL.

Dans une SCP, l’activité professionnelle est exercée en commun par les associés et les honoraires sont encaissés par la société avant d’être répartis selon les règles prévues dans les statuts.

La SEL – Société d’Exercice Libéral permet également à des professionnels exerçant une profession libérale réglementée de travailler au sein d’une société. Elle peut notamment prendre différentes formes, comme la SELARL ou la SELAS, avec des règles de fonctionnement, de rémunération et de protection sociale qui varient selon la structure choisie. Le statut juridique retenu a notamment des conséquences sur la fiscalité, les obligations de la société et le régime social de ses dirigeants.

Comment choisir ?

Si votre objectif est simplement de partager les frais d’un cabinet tout en conservant chacun vos propres honoraires et votre autonomie, le contrat à frais partagés ou la SCM sont généralement les structures à étudier.

Si vous souhaitez au contraire mettre en commun votre activité, vos recettes et organiser durablement l’exercice du cabinet à plusieurs, une SCP ou une SEL peut être plus adaptée.

Le choix d’une structure ayant des conséquences juridiques, fiscales, comptables et sociales, il est recommandé de vous faire accompagner par un expert-comptable, un avocat ou un professionnel spécialisé dans les professions de santé libérales avant de créer votre société.

Petite astuce :

Pour les choix des structures juridiques nous vous conseillons de faire appel à des professionnels qui sauront répondre à vos questions et vous aider à trouver la structure la plus juste en fonction de votre projet d’installation en libéral.

Les choix pour son cabinet d'orthoptiste

Contrairement à certaines professions de santé, les orthoptistes libéraux ne sont pas soumis à des règles de zonage conventionnel limitant leur installation. Vous choisissez librement le lieu d’implantation de votre cabinet, que ce soit en ville, en zone rurale ou dans une commune où l’offre de soins est insuffisante. Pour faire votre choix, pensez à étudier les besoins de la population, la présence d’autres orthoptistes, la proximité des ophtalmologistes et l’accessibilité de votre futur cabinet.

Certaines collectivités territoriales proposent également des mesures incitatives pour attirer les professionnels de santé dans les territoires où l’accès aux soins est difficile. Selon les dispositifs locaux et leurs critères d’éligibilité, ces mesures prennent la forme d’un accompagnement à l’installation ou d’un soutien à l’aménagement des locaux. Ces aides ne sont toutefois pas systématiquement ouvertes aux orthoptistes. Avant de vous installer, renseignez-vous auprès de votre Agence régionale de santé (ARS), de votre commune ou de votre communauté de communes pour connaître les dispositifs accessibles à votre profession.

Avant d’accueillir vos premiers patients, votre cabinet d’orthoptie doit respecter plusieurs règles en matière d’accessibilité, de sécurité et d’aménagement des locaux.

L’accessibilité du cabinet

Un cabinet d’orthoptie accueillant du public relève généralement de la réglementation applicable aux établissements recevant du public (ERP), le plus souvent de 5ᵉ catégorie. Il doit être accessible aux personnes en situation de handicap, qu’il s’agisse d’un handicap moteur, visuel, auditif ou cognitif.

Les patients doivent notamment pouvoir entrer dans le cabinet, circuler dans les locaux et accéder aux différents services et informations dans des conditions adaptées. Lorsqu’un ERP de 5ᵉ catégorie est accessible, une attestation d’accessibilité doit être transmise à l’administration.

La sécurité incendie

Votre cabinet doit également respecter les règles de sécurité incendie applicables aux ERP. Selon la configuration et les caractéristiques des locaux, cela peut notamment nécessiter la présence d’extincteurs adaptés et facilement accessibles, de dispositifs d’alarme ainsi que de consignes de sécurité clairement affichées.

Il est important de vérifier ces obligations lors de votre installation, notamment si vous réalisez des travaux ou transformez un local existant en cabinet professionnel.

Les installations électriques

Les installations électriques de votre cabinet doivent être sûres et adaptées à votre activité professionnelle. Les branchements, rallonges et équipements électriques ne doivent notamment pas créer de risque pour vos patients ni gêner leur circulation.

Si vous prévoyez d’installer plusieurs appareils d’orthoptie ou du matériel informatique, pensez à faire vérifier que l’installation électrique est suffisamment dimensionnée et sécurisée.

Vérifier les risques liés au local

Avant de signer un bail ou d’acheter un local, renseignez-vous également sur les éventuels risques naturels, miniers ou technologiques auxquels le bien est exposé ainsi que sur les diagnostics applicables au bâtiment. Selon la situation et l’âge du bien, différents documents peuvent être nécessaires, notamment concernant la présence éventuelle d’amiante ou l’état des installations.

À savoir : si vous souhaitez installer votre cabinet dans un immeuble en copropriété, pensez à consulter le règlement de copropriété et à vous rapprocher du syndic afin de vérifier que l’exercice d’une activité professionnelle ou libérale est autorisé dans le lot concerné.

Lorsqu’un/une orthoptiste s’installe dans son propre cabinet il prévoit 3 types de dépenses :

  • Les dépenses d’investissement du cabinet : mise aux normes du cabinet, embellissement du cabinet, achat de mobilier et du matériel
  • Les dépenses liées au fonctionnement du cabinet : le loyer, le logiciel de gestion et télétransmission, l’électricité, le chauffage, les cotisations, les assurances, les frais financiers liés à un éventuel emprunt
  • Les autres dépenses : le crédit ou le crédit-bail de la voiture de fonction

L’orthoptiste ne peut pas faire de son activité un commerce, ni en faire la publicité. L’activité de soins ne peut être appréhendée comme une valeur marchande.

Selon l’avenant 12 de la convention nationale : « Les orthoptistes placés sous le régime de la présente convention s’engagent à s’abstenir de tout moyen direct ou indirect de publicité et s’obligent à ne pas utiliser comme moyen de publicité auprès du public la prise en charge des soins orthoptiques par les Caisses d’Assurance Maladie.  »

Voici quelques indications et bonnes pratiques pour vous aider à faire connaître votre activité/cabinet.

La signalisation du cabinet :

La signalisation attachée à l’existence du lieu d’exercice d’une orthophoniste est la plaque professionnelle (25 cm x 30 cm) dont les mentions pouvant y figurer sont :

  • Nom et prénom
  • Titre
  • Diplôme ou le cas échéant lieu de délivrance
  • Coordonnées (adresse + tel)
  • Horaires d’activité

Les parutions par voie de presse :

Lors de l’ouverture du cabinet, vous avez la possibilité de publier deux annonces maxi dans le journal local.

Le bouche à oreille :

Lorsque vous lancez votre activité faites le tour des professions médicales pour vous présenter, vous gagnerez rapidement en notoriété.

Cependant la meilleure des communications se fait par la fidélisation de votre patientèle. Si vos patients sont satisfaits alors ils parleront de vous et vous conseilleront à leur entourage.

Conseils pratiques pour développer votre notoriété

Lorsque vous lancez votre activité faites le tour des professions médicales pour vous présenter, vous gagnerez rapidement en notoriété. Vous pouvez également faire le tour des associations sportives afin de créer des partenariats.

Cependant la meilleure des communications se fait par la fidélisation de votre patientèle. Si vos patients sont satisfaits alors ils parleront de vous et vous conseilleront à leur entourage. Pour soigner votre image, vous pouvez déjà mettre en place des petites choses qui feront la différence exemple : carte de visite personnalisée, blouse à votre nom, siège de massage dans la salle d’attente etc…

La facturation et la télétransmission

Pour pouvoir facturer et envoyer les feuilles de soins, l’orthoptiste a besoin d’un logiciel de télétransmission agréé par le CNDA. Ce logiciel a pour vocation de remplacer les feuilles de soins papiers afin de faire gagner du temps aux praticiens. En effet, grâce au logiciel, vous serez remboursés plus rapidement par la CPAM, et vous aurez accès rapidement aux dossiers patients, votre agenda, votre comptabilité.

La facturation consiste à enregistrer les actes réalisés auprès de vos patients et à appliquer les tarifs prévus par la NGAP et la convention nationale des orthoptistes. Pour établir une feuille de soins électronique (FSE), vous utilisez généralement la carte Vitale du patient ainsi que votre Carte de Professionnel de Santé (CPS), qui permet de vous identifier et de sécuriser la facturation.

La facture peut ensuite être transmise à l’Assurance Maladie afin de permettre le remboursement du patient ou le règlement de l’orthoptiste en cas de tiers payant

Il n’existe pas de règle unique imposant de facturer après chaque séance. En revanche, tant que les actes ne sont pas facturés, ils ne peuvent pas être réglés. Facturer à chaque rendez-vous peut vite devenir chronophage et augmenter la charge administrative.

L’idéal est donc de trouver un rythme de facturation adapté à votre organisation : après plusieurs séances, à la fin d’une série de soins ou à intervalles réguliers. L’objectif est de ne pas laisser trop de factures en attente, tout en évitant de consacrer trop de temps chaque jour à l’administratif.

Une fois vos factures créées, vous devez les télétransmettre à l’Assurance Maladie et aux organismes complémentaires.

La télétransmission correspond à l’envoi électronique de vos Feuilles de Soins Électroniques (FSE). Elle s’effectue à l’aide d’un logiciel de facturation et de télétransmission, comme VEGA, directement depuis votre ordinateur via Internet.

Elle présente plusieurs avantages au quotidien :

  • un traitement plus rapide et plus simple de vos factures ;

  • une meilleure traçabilité, grâce aux accusés de réception, retours de paiement et éventuels rejets ;

  • moins de documents papier, puisque les échanges sont largement dématérialisés ;

  • un suivi plus facile de vos règlements et de votre tiers payant.

Pour télétransmettre vos FSE, vous aurez notamment besoin :

Le FAMI, ou Forfait d’Aide à la Modernisation et à l’Informatisation du cabinet professionnel, est une aide financière versée par l’Assurance Maladie aux orthoptistes conventionnés qui remplissent plusieurs critères liés à la modernisation de leur cabinet.

Les 5 indicateurs obligatoires, s’ils sont respectés ouvrent le droit à une aide annuelle de 490 €. Les critères sont les suivants :

  • Utiliser un logiciel compatible DMP
  • Ce logiciel doit être à jour du cahier des charges SESAM Vitale n-1
  • Scanner ses ordonnances via la technologie SCOR intégré à votre logiciel
  • Obtenir un taux de facturation sécurisé d’au moins 70% 
  • Avoir une Messagerie Sécurisée de Santé du type mailiz.

Des aides complémentaires peuvent également être accordées pour l’exercice coordonné ou certains équipements de télésanté. La déclaration des indicateurs s’effectue chaque année sur amelipro.

Se former tout au long de sa carrière

En tant qu’orthoptiste, la formation continue fait partie intégrante de votre exercice professionnel. Les professionnels de santé sont soumis à une obligation de développement professionnel continu (DPC) sur une période triennale, afin d’actualiser leurs connaissances, améliorer leurs pratiques et maintenir la qualité des soins proposés aux patients.

Plusieurs dispositifs peuvent contribuer au financement de vos formations. Selon votre situation et la formation choisie, vous pouvez notamment bénéficier d’une prise en charge dans le cadre du DPC ou du FIF PL, fonds de formation destiné aux professionnels libéraux. Les critères d’éligibilité, plafonds et montants de prise en charge évoluant régulièrement, pensez à les vérifier avant votre inscription.

Se former régulièrement permet ainsi de répondre à vos obligations professionnelles tout en développant de nouvelles compétences utiles à votre activité d’orthoptiste libéral.

Les institutions

Les URPS des orthoptistes ont été créées afin d’être les interlocutrices des Agences Régionales de la Santé dans le cadre de la nouvelle organisation régionale de la Santé. Il existe des URPS pour toutes les professions de santé libérales reconnues qui existent. Pour les orthoptistes, c’est la SNAO qui désigne les membres.

Les unions régionales contribuent à l’organisation de l’offre de santé régionale. Elles participent notamment :

  • à la préparation et à la mise en œuvre du projet régional de santé ;
  • à  l’analyse des besoins de santé et de l’offre de soins, en vue notamment de l’élaboration du schéma régional d’organisation des soins ;
  • à l’organisation de l’exercice professionnel, notamment en ce qui concerne la permanence des soins, la continuité des soins et les nouveaux modes d’exercice ;
  • à des actions dans le domaine des soins, de la prévention, de la veille sanitaire, de la gestion de la crise sanitaire, de la promotion de la santé et de l’éducation thérapeutique
  • à la mise en œuvre du développement professionnel continu.

Les syndicats professionnels ont pour mission de représenter et défendre les orthoptistes, tout en contribuant à faire évoluer la profession.

Ils interviennent notamment pour :

  • représenter les orthoptistes auprès des pouvoirs publics et de l’Assurance Maladie ;

  • participer aux négociations conventionnelles et aux échanges concernant l’évolution des conditions d’exercice ;

  • informer les professionnels sur les actualités réglementaires, conventionnelles et professionnelles ;

  • accompagner les orthoptistes dans certaines problématiques du quotidien, notamment dans leurs relations avec les CPAM ou sur des questions juridiques ;

  • fédérer la profession et porter les enjeux liés à l’avenir de l’orthoptie en France.

En France, le Syndicat National Autonome des Orthoptistes (SNAO) est l’une des principales organisations professionnelles représentant les orthoptistes.

Les Communautés Professionnelles Territoriales de Santé (CPTS) regroupent les professionnels de santé d’un même territoire qui souhaitent mieux coordonner leurs actions autour de besoins de santé communs.

En tant qu’orthoptiste libéral, vous pouvez intégrer une CPTS afin de renforcer vos échanges avec les autres professionnels du territoire : médecins généralistes, ophtalmologistes, infirmiers, kinésithérapeutes, pharmaciens ou encore établissements de santé.

Les CPTS peuvent notamment travailler sur :

  • l’amélioration de l’accès aux soins ;

  • la coordination des parcours entre les différents professionnels ;

  • la prévention et le dépistage ;

  • les relations entre la ville et l’hôpital ;

  • l’organisation de projets de santé adaptés aux besoins locaux.

Pour un orthoptiste, participer à une CPTS peut faciliter la coordination autour du parcours visuel du patient, renforcer les liens avec les autres professionnels de santé et favoriser une meilleure orientation des patients sur le territoire.

L’adhésion à une CPTS reste une démarche volontaire : ces structures reposent avant tout sur l’implication des professionnels qui souhaitent construire ensemble une organisation de soins plus coordonnée.

Les Agences Régionales de Santé (ARS) sont des établissements publics chargés de piloter la politique de santé dans chaque région et d’organiser l’offre de soins en fonction des besoins de la population.

Elles interviennent notamment dans la prévention, la veille sanitaire, l’organisation des soins en ville et à l’hôpital, ainsi que dans la coordination entre les différents acteurs de santé.

Pour un orthoptiste libéral, l’ARS intervient notamment dans les questions liées à l’organisation territoriale des soins, aux projets de santé locaux, à la coordination entre professionnels ou encore au développement de certaines actions de prévention et de dépistage.

Elle travaille également avec les autres acteurs du territoire, comme les CPTS, les établissements de santé, les professionnels libéraux et les collectivités, afin d’améliorer les parcours de soins et l’accès à la santé.

L’ARS constitue ainsi un interlocuteur important pour comprendre l’organisation de l’offre de soins dans votre région et les projets de santé qui peuvent concerner votre activité d’orthoptiste.